Objectifs
- Guérison des traumas collectifs
- Santé communautaire
- Formation
- Professionnalisation
- Engagement citoyen
Temporalité
En cours depuis 2026
Pas de fin prévue
Bénéficiaires
De façon directe
- Thérapeutes, psychologues et travailleurs sociaux sur le terrain
- Groupes thérapeutiques avec différentes thématiques
De façon indirecte
- Peuple Haïtien
- Diaspora haïtienne
Implantation
Haïti

Résumé : Régénér’Action Narrative — Haïti
Guérir les traumas collectifs par les savoirs et récits du peuple haïtien
Haïti traverse une crise profonde : insécurité, violences, déplacements, pauvreté extrême ont traumatisé l’ensemble de la population — et le pays ne compte que 23 psychiatres pour 11 millions d’habitants. Régénér’Action Narrative propose une réponse ancrée dans la culture haïtienne : des groupes de parole encadrés par des psychologues locaux formés permettent aux participants de raconter leur histoire, d’identifier leurs ressources et leur force — et de constater que d’autres ont traversé la même chose et s’en sont relevés. Ces récits sont ensuite transformés en créations artistiques présentées dans des festivals et diffusées dans les médias, pour que l’effet de guérison atteigne l’ensemble de la société. Un programme d’action communautaire complète le dispositif pour que les changements s’installent durablement, portés par les Haïtiens eux-mêmes.
La porteuse de projet
Nadia d’Or
Originaire d’Haïti et ayant vécu et voyagé sur trois continents, mes expériences m’ont appris deux choses essentielles. D’abord, que les dynamiques communautaires solidaires sont le terreau fertile pour favoriser le développement durable. Ensuite, que les équipes ont en elles toutes les ressources nécessaires pour trouver leur équilibre. Mon rôle ? Créer les conditions pour que cette transformation devienne réalité en renforçant la gouvernance et le pouvoir d’agir des collectifs citoyens, des organisations, des écoles, des universités, des territoires.

13 ans à accompagner des transformations collectives. Universités, écoles, communautés intentionnelles, organisations en transition : j’ai développé une méthodologie qui respecte les cultures locales et vise l’autonomie des groupes. Gouvernance partagée, deep democracy, Communication relationnelle, Dynamique Participative, etc. : des outils concrets éprouvés en Europe et en Haïti pour des résultats durables.
J’incarne la posture que je propose. Être une personne ressource au service des générations futures pour favoriser l’émergence de communautés autonomes, solidaires et pérennes.
Vous souhaitez contribuer à ce projet inspirant et impactant ?
Nous cherchons des partenaires financiers et opérationnels qui partagent la conviction qu’une réponse durable à la crise haïtienne passe par l’autonomisation des communautés elles-mêmes.
Le développement du projet a besoin de contributions financières, matérielles et des compétences.
Participez à guérir les traumas collectifs par les savoirs et récits du peuple haïtien avec nous !
Le projet détaillé

1. Introduction et contexte général.
Haïti traverse une crise sans précédent. Violences des gangs, déplacements massifs, effondrement des institutions :
- Plus d’un million de personnes déplacées par des groupes criminels
- Plus de 50 % d’enfants au sein des groupes armés
- près de 1000 écoles fermées, privant 300 000 élèves d’accès direct à l’éducation, et 1,2 million d’enfants au total affectés par la crise éducative
- 5 400 cas de violences sexuelles signalés seulement entre janvier et octobre 2024 (Human Rights Watch, 2025)
Ces violences s’accumulent sur des traumatismes antérieurs — séisme de 2010, ouragans, instabilité chronique — créant des cycles de souffrance transgénérationnels qui touchent aussi la diaspora. Face à cela, les ressources en santé mentale sont quasi inexistantes : 23 psychiatres accrédités et 124 psychologues pour 11,7 millions d’habitants en 2020, et la principale structure psychiatrique du pays a fermé en 2024 (Obert, 2021 ; The Lancet, 2025).
2. Justification et vision du projet
Face à ce vide, Régénér’Action Narrative propose une réponse systémique, culturellement ancrée et orientée vers la transformation durable. Après le séisme de 2010, de nombreux programmes importés se sont effondrés dès la fin des financements. La leçon est claire : une réponse durable passe par la construction d’une infrastructure haïtienne de guérison collective, ancrée dans les savoirs et ressources culturelles du peuple haïtien lui-même.
Le projet s’appuie sur l’approche narrative collective du Dulwich Centre (Australie), éprouvée au Rwanda, en Ouganda, en Palestine et en Haïti. Son principe : localiser le trauma dans l’histoire et la culture plutôt que dans l’individu, et permettre aux personnes affectées de contribuer à d’autres vivant les mêmes difficultés cette contribution étant en elle-même source de résilience, pour celui qui témoigne comme pour celui qui reçoit. L’innovation du projet est d’étendre ce mécanisme à l’ensemble d’une société massivement traumatisée, via la transformation artistique des récits et leur diffusion à grande échelle.

3. Description des activités et des programmes
Le projet se déploie en quatre phases : un diagnostic à distance des besoins des intervenants locaux par Psychologues du Monde, suivi de la formation de psychologues haïtiens par le Dulwich Centre et du lancement du programme de santé communautaire. Les praticiens formés animent ensuite des groupes thérapeutiques dans quatre territoires, dont les récits collectifs sont transformés en créations artistiques diffusées via le Festival 4 Chemins et les médias. En phase finale, les praticiens forment à leur tour de nouveaux intervenants et la supervision externe se transfère progressivement vers les équipes haïtiennes.
Le programme de santé communautaire, déployé en parallèle tout au long du projet, cible trois axes concrets : réduction des violences intrafamiliales, renforcement des compétences parentales, mobilisation des leaders et anciens communautaires. Il assure que les acquis narratifs se traduisent en changements comportementaux durables.

4. Objectifs et résultats attendus
Quatre objectifs interdépendants :
- Soutenir et former des praticiens haïtiens autonomes, capables de transmettre la méthode sans recours à une expertise extérieure
- Accompagner des personnes affectées par les traumas collectifs, avec une attention particulière à la dimension intergénérationnelle
- Transformer le récit collectif haïtien — de la victimisation vers la résilience — en atteignant l’ensemble de la population via la diffusion dans les médias
- Réduire concrètement les violences et autonomiser les communautés via le programme de santé communautaire
Résultats attendus :
- Niveau individuel : reprise de la parole, réduction de l’isolement, reconnexion aux réseaux de proximité
- Niveau communautaire : réduction des violences intrafamiliales, amélioration des pratiques parentales, activation des solidarités locales
- Niveau sociétal : changement du récit dominant sur Haïti, déstigmatisation de la santé mentale, ressources de résilience accessibles à l’ensemble de la population et de la diaspora

5. Pérennité et durabilité
La pérennité est intégrée dès la conception — pas ajoutée en fin de projet. Elle repose sur trois leviers :
Transmission locale de la méthode. Chaque praticien formé peut animer des groupes et former d’autres intervenants, sans recours au Dulwich Centre. Les outils sont documentés en créole. PDM forme simultanément les équipes locales à la santé communautaire pour que chaque territoire soit autonome dès la fin de la Phase 1.
Ancrage institutionnel. Le dispositif s’intègre dans des structures existantes : l’Université d’État d’Haïti pour la formation et la recherche, le Festival 4 Chemins pour la diffusion annuelle, les organisations communautaires (Groupe Kombit, Lakou Talama) pour le programme de santé. Zanmi Lasante — qui emploie aujourd’hui 2 500 agents de santé communautaire et couvre 3,3 millions de personnes — démontre qu’une telle infrastructure est possible en Haïti (Raviola et al., 2020).
Gouvernance haïtienne progressive. Le rôle de coordination d’Horizon Commun est conçu pour se réduire au profit d’une gouvernance locale. Cette transition n’est pas un retrait — c’est un indicateur de succès. Comme le formule Gilbert Lacanal (PDM) : « Si ça donne un peu d’autonomie aux Haïtiens de se dire — on peut faire quelque chose par nous-mêmes dans ce contexte pour changer le contexte — c’est suffisant. »

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