L’approche narrative collective : guérir des traumas collectifs par des récits de résilience
Développée par David Denborough et le Dulwich Centre (Australie) à partir des travaux de Michael White et David Epston, l’approche narrative collective repose sur un principe fondamental : le trauma ne réside pas dans l’individu, mais dans l’histoire et la culture d’une communauté.
Concrètement, cette approche permet d’accompagner des groupes de personnes ayant vécu des traumas collectifs par l’exploration de leurs ressources, leurs savoirs de survie, leurs forces et par la co-création de récits partagés sous forme de documents — chansons, œuvres d’art, lettres. etc. — qui deviennent, comme autant de preuves vivantes de résilience, des ponts entre communautés qui ne se rencontrent pas physiquement .
Cette approche a déjà été déployée, entre autres, auprès de survivants du génocide au Rwanda, en Palestine, avec d’anciens enfants soldats en Ouganda, et en Haïti après le séisme de 2010.
Et actuellement en Haïti, où en 2020, on comptait 23 psychiatres accrédités et 124 psychologues pour couvrir les besoins en santé mentale de 11 millions d’habitants (Obert, 2021, in Cambridge Core, 2025), l’intérêt est double : pallier un désert de santé mentale tout en s’appuyant sur les savoirs culturels haïtiens existants — vodou, médecine créole, solidarités informelles — plutôt que d’imposer des modèles thérapeutiques occidentaux.
Cette rencontre à Gand avec l’équipe narrative belge et hollandaise, avait pour objectif d’explorer les modalités concrètes d’une collaboration. Au-delà des échanges méthodologiques — intégration des arts, travail sur les deuils collectifs, outils adaptés au contexte haïtien —, la réunion a permis d’établir les bases d’un partenariat avec l’institution de référence mondiale de l’approche narrative et d’établir des connexions inédites (voir l’interveiw d’Adélite Mukamana, Docteur en psychologie et survivante du génocide au Rwanda, sur l’utilisation de l’approche narrative collective et des arts pour refaire communauté après le génocide. https://couleurs-ayiti.com/interviews/interview-adelite-mukamana-comment-refaire-communaute-apres-des-traumas-collectifs/)
Pour le peuple haïtien, l’ancrage est significatif : il ouvre la voie à une réponse aux traumas accumulés depuis des décennies (même transgénérationnels), portée par des acteurs haïtiens formés à une méthode éprouvée, et ancrée dans leurs propres ressources culturelles plutôt que dans une aide humanitaire descendante.
Couleurs d’Ayiti rencontre David Denborough, expert en approche narrative collective
L’approche narrative collective : guérir des traumas collectifs par des récits de résilience
Développée par David Denborough et le Dulwich Centre (Australie) à partir des travaux de Michael White et David Epston, l’approche narrative collective repose sur un principe fondamental : le trauma ne réside pas dans l’individu, mais dans l’histoire et la culture d’une communauté.
Concrètement, cette approche permet d’accompagner des groupes de personnes ayant vécu des traumas collectifs par l’exploration de leurs ressources, leurs savoirs de survie, leurs forces et par la co-création de récits partagés sous forme de documents — chansons, œuvres d’art, lettres. etc. — qui deviennent, comme autant de preuves vivantes de résilience, des ponts entre communautés qui ne se rencontrent pas physiquement .
Cette approche a déjà été déployée, entre autres, auprès de survivants du génocide au Rwanda, en Palestine, avec d’anciens enfants soldats en Ouganda, et en Haïti après le séisme de 2010.
Et actuellement en Haïti, où en 2020, on comptait 23 psychiatres accrédités et 124 psychologues pour couvrir les besoins en santé mentale de 11 millions d’habitants (Obert, 2021, in Cambridge Core, 2025), l’intérêt est double : pallier un désert de santé mentale tout en s’appuyant sur les savoirs culturels haïtiens existants — vodou, médecine créole, solidarités informelles — plutôt que d’imposer des modèles thérapeutiques occidentaux.
Cette rencontre à Gand avec l’équipe narrative belge et hollandaise, avait pour objectif d’explorer les modalités concrètes d’une collaboration. Au-delà des échanges méthodologiques — intégration des arts, travail sur les deuils collectifs, outils adaptés au contexte haïtien —, la réunion a permis d’établir les bases d’un partenariat avec l’institution de référence mondiale de l’approche narrative et d’établir des connexions inédites (voir l’interveiw d’Adélite Mukamana, Docteur en psychologie et survivante du génocide au Rwanda, sur l’utilisation de l’approche narrative collective et des arts pour refaire communauté après le génocide. https://couleurs-ayiti.com/interviews/interview-adelite-mukamana-comment-refaire-communaute-apres-des-traumas-collectifs/)
Pour le peuple haïtien, l’ancrage est significatif : il ouvre la voie à une réponse aux traumas accumulés depuis des décennies (même transgénérationnels), portée par des acteurs haïtiens formés à une méthode éprouvée, et ancrée dans leurs propres ressources culturelles plutôt que dans une aide humanitaire descendante.